
Madame Pradier
Roman
Madame Pradier est mon chef d'œuvre, dit l'auteur, les personnages sont cosmopolites… le développement des thèmes est une genèse… le style est extatique.Abdellatif Hannama
Le soldat Philipe Pradier comme le reste de sa troupe avait comme mission de mettre fin à des soulèvements répétés par des autochtones de la province casablancaise révoltés contre le nouvel occupant… Désabusement et mal de conscience avaient fait qu'il désertera l'armée pour sauver le petit Radi, enfant de sept ans mêlé à la bataille où son père adoptif Houmane trouva sa fin… Pour sa femme, ses parents et sa fille Catherine, Philipe serait porté disparu alors qu'il a passé plus d'un quart de siècle auprès de son fidèle Bénéros à la quête de l'érudition et de la sagesse au pays où : mœurs, gestuels, doctrines soufies, monuments révèlent une autre manière de comprendre la passion de vivre…
Le roman s'ouvre sur un restaurant de la rue des Roses, au quartier de Beauséjour, dans le Casablanca des années soixante-dix, tenu par une vieille femme française restée au Maroc. De ce point fixe, le récit remonte vers la conquête militaire du siècle précédent, puis se déploie vers l'Europe de l'après-guerre, entre la France et l'Allemagne.
Autour de Philippe Pradier, déserteur devenu chercheur de sagesse, gravitent des personnages que rien ne destinait à se croiser : Radi, l'enfant sauvé devenu journaliste français ; Bénéros, le compagnon fidèle ; Catherine, la fille laissée derrière ; Hans Schröder, l'avocat allemand. Chacun porte une part de l'histoire du vingtième siècle et vérifie, à ses dépens, que les guerres se prolongent longtemps après leur fin officielle.
L'ouvrage se compose de sept parties. Il tient à la fois du roman historique, du récit d'apprentissage et de la méditation spirituelle : les pages consacrées aux doctrines soufies, à la transe et aux psalmodies entendues dans la vallée de Chaouen y occupent autant de place que les scènes de bataille. La question qui traverse le livre est celle de la désertion entendue au sens large, c'est-à-dire du refus d'un rôle assigné par l'histoire, et de ce que ce refus coûte à ceux qui restent.
C'est l'ouvrage que l'auteur tient pour le plus abouti de son œuvre.