Mars 2015

La lettre du blogueur

Une brève réflexion sur la technique et la conscience partagée. L'auteur y voit dans la communication moderne le moyen pour l'humanité de vivre à nouveau un présent commun, comme le faisaient les communautés anciennes.

Illustration de la chronique « La lettre du blogueur »

Il est venu le temps où l’on peut écrire à tout le monde, parler à tout le monde, et partager des desseins avec tout le monde. Ainsi, l’histoire des hommes se perçoit, de plus en plus, à l’échelle de l’individu, comme une causalité partagée. Le présent change de forme et d’impact. Il tente à prétendre beaucoup plus de crédibilité dans le temps. Il ne s’éclipse plus tout à fait autour de l’itinéraire des hommes pour que l’éphémère empiète l’espace d’une vie courte et creuse. La technologie est là. Déjà la mort est banalisée. La vie d’un homme est plus large maintenant, elle a plus de sens par rapport à l’éternité, avouons le. Si la mort, à travers toutes ses formes et manifestes, agit de par la longueur d’une vie, la communication et la technologie ancrent progressivement des outils psychologiques qui tendent constamment à crédibiliser davantage le présent et par conséquent à rendre la vie d’un homme plus riche dans le sens de la largeur.

L’humanité refait appel à son passé rudimentaire quand les rares troupes s’envoyaient le même signal d’alarme quand l’individu est menacé. Notre présent actuel commun est très intense maintenant de par la technologie et la communication. Nous partageons tous, à travers tout le globe, les joies du nouvel an comme nous pleurons, de par les quatre continents, les enfants de la Palestine et de Bagdad.

Comme jadis, le présent redevient notre présent à tous. Comme jadis quand le temps n’était que présent…

Abdellatif Hannama

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