Mars 2015

Libres de naissance

Sur la liberté et la perception. L'auteur y défend l'idée qu'une conscience authentique suppose de protéger ses sens de toute manipulation, et que la force réside en soi plutôt que dans l'emprise d'autrui.

Illustration de la chronique « Libres de naissance »

Quel terrible sentiment celui de se sentir à la merci du vouloir de quelqu’un ! Également, quelle erreur de se croire l’unique source de vie pour quelqu’un d’autre. Le premier sentiment, quand il est accentué, mène à l’esclavage. Le deuxième, déjà un sentiment extrémiste, mène à la mégalomanie.

Il s’agit de deux symptômes différents mais ils ont, toutefois, beaucoup d’éléments nuisibles en commun. Et pour rester original, contentons-nous du plus nuisible parce qu’il lèse tout ce que nous avons le plus cher qui n’est autre que notre perception sensorielle :

Nous sommes individuels, réels et ayant un moi du libre arbitre quand déjà nous pouvons disposer, d’une manière correcte, de nos vraies capacités sensorielles. Et cela pour pouvoir percevoir, de la façon la plus juste possible, notre environnement. Nous parlons ainsi de la perception en tant que droit initialement animal, qui devrait constamment nous projeter vers notre dimension universelle.

Non seulement, nous sommes des terriens mais aussi nous sommes des universels tant que nous percevons déjà le cosmos de la manière la plus infinie possible.

Imaginez la misère de cet autre qui vient s’interposer entre vous et votre moi, entre vous et votre univers en embrigadant vos sens pour vous empêcher d’accéder à votre vraie raison de vivre qui est la perception consciente du monde.

Quand je parle de la misère de cet autre, j’invoque ces vouloirs individuels et désolidarisés, déjà intro pervertis où tous les efforts de la perception se focalisent sur l’ego. Ce dernier deviendrait, pour des âmes malades, le centre d’un univers fallacieusement défini ; un univers plus crédible et plus aboutissant tant qu’il est capable de faire plier à sa fausse puissance d’autres volontés. Un boss névrosé ou un employé soumis, un mari sadique ou une épouse mégère ; tous sont éjectés de force en dehors de la vraie perception. Une perception nécessaire pour l’accomplissement, de ce que nous appelons, conventionnellement, la vie.

Gardez en tête et en toute circonstance que vous êtes nés libres et que vous le resterez parce que votre vraie force est toujours en vous-mêmes et jamais chez l’autre. Une force qui vous permettrait de jouir, pour le mieux, de vos sens même aux précipices de la pire des prisons.

Nous avons déjà des sens qui sont notre plus grande richesse. Ne laissons personne les corrompre parce qu’ils sont les seules voies de la perception. La perception d’un monde extraordinaire…

Abdellatif Hannama

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